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A moins d'être l'idéal qu'ils projettent sur nous, nous serons toujours dans l'erreur.


Soit parce que nous nous conformerons, drame dont il est si difficile de revenir, soit parce qu'on nous gueulera de faire marche arrière. Pourtant, au loin, dans cette belle direction, au moins là je vois de la lumière.


Au cours de mon existence je ne crois pas avoir eu une seule fois la sensation d'avoir raison, d'être sur le bon chemin, jamais une seule fois la certitude de bien faire. Est-ce parce que cet enfoiré avait raison : « on sait qu'on ne sait rien » ? Ou bien est-ce parce qu'on nous empêche d'être sûr.e de ce qui compte vraiment, quand on le trouve ?


Etiré.es entre leurs idées et celles que l'on ressent, l'incertitude grandit, devient anxiété, peur, épouvante, paralysie, et je me retrouve au fond de mon lit, incapable de bouger, incapable de leur obéir, incapable de m'enfuir.


Bon.ne philosophe, je devrais clarifier qui je dénonce dans ce « on » qui m'opprime, le grand méchant de l'histoire, ou bien à qui appartiennent « leurs idées ».


J'ai bien envie d'envoyer balader la clarification, mais faisons au moins cet effort.

Qui m'empêche d'être sûr.e ?

Qui m'empêche de créer un espace pour mes propres idées ?


Qui, ou plutôt quoi. Il ne faut pas personnifier des institutions qui, depuis des générations, des siècles et tant de livres d'histoire, fondent nos principes et nos regards. Je ne dénonce personne, je dénonce un système, et c'est ce qui rend la lutte aussi compliquée. Pas impossible, mais compliquée. Oui, il faudra faire porter le chapeau à quelqu'un, quelqu'un de pas tout à fait innocent mais de jamais responsable entièrement. « La France à Macron » ou bien « All Cops Are Bastard », « Tous les hommes sont des violeurs », eh oui, ni vrai ni faux, mais on s'y accroche.


On s'y accroche parce que, pour celleux qui essaient vraiment de comprendre ces phrases un peu simplistes, iels y verront une dénonciation forte, une idée construite, une certitude, enfin une. Celle que ce pays fait souffrir celleux qui y vivent, et pour quoi ? Celle que la violence légitime est détenue par un petit groupe étatique mal dirigé, mal pensé, et que non seulement elle s'exerce de manière cruelle, illégitime, mais qu'elle se mord la queue. Comment éduquer à la non violence avec une matraque ? La certitude, enfin, que le patriarcat, loin d'être une illusion ou une frustration féminine, est un système complexe construisant des individus problématiques et dangereux, pour les autres et pour eux-mêmes.


Des certitudes, fondées sur des études, des chiffres, des réalités, des expériences, des témoignages, des certitudes. Pourtant, comment ne pas en douter, se penser dans l'erreur quand l'interlocuteur lève les yeux au ciel, nous dit qu'on exagère, qu'on est trop radical.e ?


Je parle de la frustration d'être ramené.e au doute quand on ne veut qu'une seule chose : foncer tête baissée vers ce que l'on sait être juste.


Pourquoi nous ramener au doute ? Parce que toustes, victimes ou coupables, sont installé.es dans ce système hideux et ne veulent pas, ne peuvent pas en sortir. Même celleux qui auraient intérêt à foncer avec nous vont nous dire « tu en fais trop » et nous intimer de nous taire. Faut-il leur en vouloir ? Non, ce n'est pas aussi simple. Quitte à être dans la nuance, l'équilibre, le doute existentiel, autant douter de leur culpabilité aussi...


Personnellement je n'en veux à personne en particulier, ce serait trop facile. Ce serait plus facile ? Peut-être. Longtemps j'ai préféré m'en vouloir, parce que c'est ce que la pensée de l'erreur, le doute systémique en réponse à nos certitudes, amène à faire. Se dire qu'on se trompe, qu'on est stupides, utopistes absurdes, parfois même les monstres de cette société fonctionnelle. Et si elle fonctionne, si tant s'en contentent, après tout pourquoi pas ?


Car, quitte à rêver, autant le faire en grand.


Car une société qui en revendique le titre devrait, pour le mériter, remplir des conditions qui pour l'instant restent à l'état de fantaisie. On crie sur tous les toits « liberté, égalité, fraternité », mais à part une fraternité sexiste quand elle n'est pas raciste on ne trouve rien de tout cela nulle part dans cette France mourante.


Je n'écris pas un texte clair, je n'écris pas un texte parfait, idéal ou bien construit, mais j'espère que vous vous y retrouverez quand même. C'est un texte hors-cadres, des mots qui se cherchent, qui à force de fuir les étiquettes s'approchent de celle qui les questionne toutes : l'anarchie.


Alors à toustes les anarchistes frustré.es, incertain.es, ces BB monstres qui ont peur de mal faire ou de se tromper, je dis : foncez. Au pire, si on sombre, si on coule, ce sera beau, promis.



signé : une abeille lunaire



pour aller plus loin :


Musiques



Livre, "plutôt couler en beauté que flotter sans grâce" de Corinne Morel Darleux



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